
Bien qu’il soit trop tôt pour estimer ce que seront les relations entre la France et la Russie dans les prochaines années, il est possible, d’ores et déjà , d’émettre des hypothèses sur les changements à venir.
Nicolas Sarkozy a annoncé à plusieurs reprises qu’il entendait mettre les droits de l’Homme, valeurs défendues par la France depuis l’époque de la Révolution, sur le devant de la scène. Il est donc probable que des frictions puissent intervenir au sujet, notamment, de la question tchétchène, ou encore des libertés individuelles en Russie.
Par ailleurs, Pierre Lellouche et André Glucksman, proches de Nicolas Sarkozy, sont réputés pour avoir eu, par le passé, des positions considérées à Moscou comme étant “anti-russes”.
Faut-il pour autant en conclure que la relation Paris-Moscou va se dégrader? Rien n’est moins sûr. En effet, Nicolas Sarkozy a aussi mis en avant, tout au long de sa campagne présidentielle, les succès économiques que les entreprises françaises doivent rencontrer pour que le pays sorte de la morosité.
Ce point plaide en faveur d’une intensification des relations bilatérales, notamment sur le plan économique. Outre la croissance économique russe, vigoureuse tout au long des dernières années (rappelons qu’elle est de 6% en moyenne), ce pays présente des opportunités extraordinaires pour les entreprises de l’Hexagone. Les secteurs énergétique et aéronautique devraient être concernés, mais aussi les banques, car la Russie a besoin de capitaux pour mettre en valeur ses ressources.
Par ailleurs, Pierre Lellouche a réaffirmé dans une interview accordée à un journal russe l’amitié franco-russe.
Apparaît donc un grand écart entre idéologie et réalisme, qui recoupe la distinction entre le politique et l’économique. Sur le plan politique, la France devrait se rapprocher avant tout des Etats-Unis, afin de reconstruire les liens transatlantiques. Sur le plan économique, par contre, la coopération devrait se renforcer. Est-ce que cette position est viable sur le long terme? L’avenir nous le dira…