Le 19 Mai 2007, au festival de Cannes, Michael Moore présentait son dernier film : Sicko.
Ce documentaire est une charge totalement partiale contre les inégalités du système de santé américain.
Petit résumé pour les non-initiés :
Ce système est basé sur des assurances privées. Pour 58% des personnes, les entreprises payent cette assurance à leurs employés et à leur famille. Seulement 3% des assurés bénéficient d’une couverture équivalente à la couverture française, tandis que 20% de la population n’est pas couverte du tout. Sous la présidence de son mari, Hillary Clinton avait lancé des programmes d’assistance performants : Medicare et Medicaid. L’Etat Fédéral en partenariat avec l’Etat couvre les gros risques pour les personnes âgées, les handicapés lourds, et les pauvres. Ces programmes ont depuis été limités par l’administration Bush. Le nombre de personnes n’ayant pas d’assurance-maladie ne cesse de croître, et la qualité des soins est très inégale. En France, l’Assurance Maladie couvre la majeure partie des frais voir même la totalité pour les plus pauvres par le biais de la CMU.
Michael Moore peut se vanter de lancer une polémique à la sortie de chacun de ses films :
Bowling For Columbine et Fahrenheit 911.
Il y a pourtant un dilemme dans ces deux films de Michael Moore : certes, il a soulevé la polémique, mais elle n’a aboutit à rien. Le dernier meurtre en série de Virginia Tech est là pour nous le montrer. Et quelle fut la réaction suite à ce nouvel accident ? Des lycées poussent désormais leurs étudiants à venir en cours armé ! Quant à Fahrenheit 911, l’impact fut plus limité que prévu : Bush sera réélu avec plus de voix qu’en 2000.
Deux solutions. Soit Michael Moore est très mauvais dans l’art polémique, ce dont je doute, soit le public étranger est beaucoup plus réceptif que ne l’est le public américain. Et c’est beaucoup plus intéressant à étudier.
L’influence du cinéma américain jouerait-elle contre elle ? Ce n’est pas impossible du tout. Jean-François Revel, dans « l’obsession antiaméricaine », affirmait que les américains ne pouvait être que mal-aimés. Quand ils agissent, on les accuse d’interventionnisme, et quand ils n’agissent pas, on les raille en les accusant de se défausser et de ne pas utiliser leur puissance.
Finalement, derrière chaque critique faite d’un système américain, le public non-américain serait beaucoup plus réceptif que le public local.
En France, de tels films n’existent pas (encore ?). Pourtant, pas si loin de chez nous, en Italie, un reportage a fait scandale il y a quelques mois sur l’insalubrité des hôpitaux italiens. Les français sont très réceptifs à ce genre de reportage-film. L’impact sur l’opinion publique serait terrible, et il y a fort à parier que le gouvernement ne demanderait pas en retour de venir armé à l’école, comme seule et unique réponse.
Renaud
Pour plus d’information sur le système de santé américain et français : http://coeur2sante.blogspot.com